Entre folk et jazz, les chansons en français et malgache d’Edgard Ravahatra sont imprégnées d’amour, de mysticisme et de foi. Teintées de sonorités de valiha (une cithare tubulaire), de différents tambours dont l’ampongantaolo, aussi appelé tambour des ancêtres, de marovany (une harpe), et portées par une voix qui rappelle celle de Loïc Lantoine, elles suggèrent la grande île qui flotte au large du Mozambique comme une bande de terre détachée du continent. Un brin intello, son propos aiguise la curiosité. Il surprend même quand le chanteur s’approprie le petit coin de " Parapluie " de Brassens ou adapte " The Harder They Come " de Jimmy Cliff. Ouvert aux vents du large, il tourbillonne, mais peine le plus souvent à toucher par excès de sophistication.